A propos…

La compagnie est née en 2005 avec l’ambition de rechercher un théâtre de l’incarnation. A l’instigation de Sylvaine Guyot qui menait alors un travail de Doctorat sur le corps chez Racine, il s’est agi au départ de donner corps, justement, à un vaste poème, celui d’Andromaque. Premier travail ambitieux, rempli d’écueils et de rires. Au final, trop de mots, trop de mots, sans doute, mais l’enthousiasme qui a nourri ce spectacle est un bien précieux qui a forgé notre méthode de travail.

Peu à peu, la compagnie s’est éloignée d’une théâtralité stricte qui mettrait le texte en son centre, à la faveur de ma propre rencontre avec la danse butô d’une part, de notre travail pédagogique avec Nicolas Torrens depuis 2007 d’autre part, que ce soit avec des comédien.ne.s ou des personnes dites socialement « empêchées ». Certes, nous ne parvenons pas totalement à « renoncer » aux mots, mais nous faisons le choix d’une poésie fragmentaire ou d’un sens qui ne se donne pas d’emblée. Nous faisons le choix d’une mise en exergue radicale du corps, de l’être-là, ici et maintenant, de l’être face au vide, au silence, quitte à mettre de côté le texte, au moins pour un temps.

Aujourd’hui, la compagnie tente d’alterner des créations « théâtrales » et des performances plus strictement butô, même si, à mesure que le temps s’écoule, il devient de plus en plus difficile d’effectuer des classifications opaques. Nombre de nos performances et spectacles ont dorénavant lieu in situ, hors de l’espace artificiel de la boîte noire théâtrale.

En tout cas, il s’agit toujours de chercher un geste archaïque aux sources mêmes de la violence et de la vie, à la naissance même du langage, dans notre propre corps comme dans des créations collectives.

 

Que toutes les personnes qui ont travaillé au sein de la compagnie, pour un jour ou pour toujours, soient ici remerciées, car sans elles rien n’aurait jamais été possible. Un grand merci, du fond du coeur à : Sylvaine Guyot, l’âme des premiers pas, dont le souvenir de l’intelligence et de la sensibilité demeure un phare au milieu des obscurités ; l’équipe d’Andromaque : Yohan Campistron, lui aussi l’une des âmes de la compagnie, Jean-Claude da Silva, Dorothée Decoene, Yves Dutertre, Céline Pérot, Béatrice Vincent, Sabine Sur, Jean-François Favreau, Audrey Zanin-Jullien, Alexandre Gombert et Anne Delrieu ; les voix du Labyrinthos : Nikos Kyriazopoulos et Grzegorz Ziolkowski ; les musiciens de la Légende du seuil : Kristian Schott et Kriss, parti trop tôt dans les étoiles ; les comédiennes et pédagogues rieuses : Rosaline Deslauriers, Adeline Hocdet, Ariane Lagneau, Claire Loiseau ; les techniciens de l’impossible : Karl Big et Flore Dupont ; les hommes des tranchées, toujours là malgré tout : Etienne Guérin l’homme caméléon, Rodrigo Ramis, Pierre Serra et Nicolas Torrens cariatide infatigable, à travers les cris, les ateliers de masques fous, les danses et les rires ; les soutiens de toujours : Rémy Mercy, Romain Fouquier, Mariette Barret, André Sarfati. Voilà. Merci.

Sophie Hutin
Mars 2013

Comments are closed.

Conditions générales d’utilisation

Toute utilisation, diffusion, commercialisation, reproduction et représentation, totale ou partielle, d’éléments du site à d’autres fins que privées et non commerciales est subordonnée à l’autorisation préalable du Théâtre de l'Homme qui marche.